Un budget socialement décevant pour les groupes communautaires en santé mentale

Le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) est très déçu du budget présenté hier par le Ministre Marceau. En effet, ce budget à saveur néolibérale ne contient aucune mesure visant à agir concrètement sur les déterminants sociaux agissant sur les problèmes de santé mentale des québécoises et québécois. Au surplus, ce budget laisse présager très peu d’espoir pour les organismes communautaires qui viennent en aide aux personnes confrontées à des problèmes de santé mentale.

Une mesure carrément appauvrissante !
Malgré les efforts du gouvernement pour limiter au taux d’indexation la hausse des tarifs d’électricité, l’augmentation prévue aura des impacts négatifs sur les personnes qui fréquentent les groupes communautaires en santé mentale. En effet, si minime soit-elle, cette augmentation des tarifs forcera les personnes à faible revenu et marginalisées vivant avec un problème de santé mentale à faire des choix douloureux qui risquent fort d’hypothéquer leur stabilité financière et émotionnelle. Encore une fois, on a le sentiment que le gouvernement n’a pas tenu compte des impacts de ses mesures budgétaires sur les conditions de vie des plus démunis de la société.

La santé mentale absente des priorités en santé et services sociaux !
Un québécois sur cinq risque de vivre un épisode problématique en matière de santé mentale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que, d’ici 2030, « les troubles de santé mentale représenteront la principale cause de morbidité dans les pays industrialisés. » Selon l’OMS, pour améliorer la santé, il faut agir sur les déterminants sociaux de la santé.

Dans un tel contexte, on aurait pu s’attendre à un autre plan de match budgétaire du nouveau gouvernement ! Dans son discours inaugural, la Première ministre, Mme Pauline Marois, annonçait que son gouvernement rendrait public un nouveau plan d’action en santé mentale au printemps 2013. Au surplus, son gouvernement s’engageait à doter le Québec d’une Politique gouvernementale en matière d’itinérance et à présenter un Livre vert sur la prévention. Ces annonces pouvaient laisser présager des mesures favorables à la prise en compte des déterminants sociaux dans l’élaboration des futures politiques gouvernementales.

Dommage ! Le budget 2013-2014 n’indique aucunement que le gouvernement accompagnera ses intentions de mesures budgétaires concrètes. À première vue, rien ne laisse présager que les dépenses en santé mentale dépasseront l’actuel 8% du budget de la santé et des services sociaux. En effet, malgré un accroissement du budget du Ministère de la Santé et des Services sociaux de 2,5 milliards $, que restera-t-il, une fois l’indexation des dépenses et les coûts de système absorbés, pour améliorer l’accès aux services en santé mentale et mieux soutenir l’ensemble des groupes communautaires ? Il faudra voir le budget des dépenses qui sera déposé le 6 décembre prochain pour avoir une idée juste des crédits dont disposera le Dr Réjean Hébert, Ministre de la Santé et des Services sociaux, pour améliorer l’accessibilité aux services publics et faire des déterminants sociaux le fil conducteur de son prochain plan d’action en santé mentale.

L’importance de mieux soutenir les organismes communautaires
Partout à travers le Québec, des centaines d’organismes communautaires interviennent directement de manière novatrice pour aider les personnes au prise avec la détresse émotionnelle et sociale. Ces personnes ont besoin d’aide pour s’en sortir et éviter au réseau public de la santé mentale d’avoir à les prendre en charge. Les ressources alternatives en santé mentale jouent alors un rôle primordial et essentiel. Pourtant, le budget 2013-2014 est totalement silencieux sur l’importance de mieux soutenir ces initiatives citoyennes ancrées dans les communautés locales. Les ressources communautaires et alternatives permettent pourtant de lutter contre la stigmatisation et les préjugés envers les personnes au prise avec un problème de santé mentale tout en développant des pratiques favorisant l’inclusion sociale, la prévention et le traitement de ces problèmes.

Le RRASMQ souhaite que le Gouvernement du Québec corrige le tir et trouve les marges de manœuvre pour combler les 225 M $ manquants pour améliorer la capacité d’agir des 3000 groupes communautaires en santé et services sociaux. Notre regroupement considère qu’un tel investissement rapporterait des dividendes sociaux et économiques majeurs en matière d’intervention et de prévention face aux problèmes de santé mentale. Pour agir davantage et mieux sur les déterminants sociaux de la santé, les ressources communautaires et alternatives en santé mentale ont besoin d’oxygène. Souhaitons que le budget des dépenses qui sera rendu public le 6 décembre prochain permette au MSSS de répondre aux attentes du milieu communautaire.

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